Le choix ~ Chapitre 1

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Le choix. Tout est une question de choix. On ne réfléchit pas toujours aux différents choix qui s’offrent devant nous. On subit les circonstances, on les choisit rarement.

Elle marchait rapidement, évitant les coins trop sombres, sursautant à chaque petit bruit, s’imaginant attaquée par un rat géant ou un loup ou un ours ou je ne sais quoi d’effrayant. Elle marchait aussi vite qu’elle le pouvait. Elle marchait en s’encourageant et en se parlant tout bas, se traitant d’idiote et de trouillarde. Cette nuit était vraiment interminable. Quelques nuages passant devant la pleine lune et elle n’arrivait même plus à voir à quelques mètres devant elle.

Et pourtant, elle sentait que quelque chose l’épiait. Elle le sentait derrière sa nuque, et dans les frissons et les sueurs froides dans tout son corps. Tous les petits poils qui s’étaient planqués devant son rasoir ce matin étaient désormais au garde à vous! Elle n’arrêtait pas de se retourner. Pourquoi est-ce qu’on sent le danger toujours derrière soi et non devant? Aucune idée, mais il était bien là, quelque part.

Elle pesta. Maudite voiture de location! Maudite neige! Maudite glace qui l’avait fait dérapé et sortir de la route et tomber dans un fossé. Maudite idée d’avoir voulu s’échapper par un temps pareil sans aucune idée précise où aller.

Elle tourna la tète à droite, puis à gauche. Des arbres, plein d’arbres, des arbres partout. Immenses et intimidants. Elle soupira. Cela faisait des heures qu’elle avait l’impression de marcher sur ce chemin. Pour s’encourager elle commença à chanter Frère Jacques, tout bas tout d’abord et puis de plus en plus fort. Heureusement personne pour l’écouter puisque qu’elle chantait faux comme une casserole. Hum. Ça chante une casserole? Mais qui a donc inventé ces expressions idiotes!

Frère Jaaaaaaaaacques, Frère Jaaaaaaaaaaaaaques, dormez-vous? Dormez-vous?

La peur d’être toute seule perdue au milieu de nulle part lui fit monter le volume de sa voix de plus en plus fort jusqu’à ce que les paroles se terminent par un horrible quack.

Soudain, un bruit étouffé lui vint à ses oreilles. Une sorte de petit ronflement. Puis un autre. Elle stoppa net sur ses talons pour écouter. Tout à coup, plus rien. Juste le vent et les feuilles qui bruissent dans les arbres.

Bon. Ma fille tu deviens parano! Arrêtes et concentres toi! La route doit bien mener quelque part!

Pressant le pas encore plus au point de presque courir maintenant, elle avait tellement envie de voir une maison. Une maison avec de la lumière et de la fumée de la cheminée lui disant qu’elle allait trouver un refuge où elle pourrait se réchauffer et peut-être avec un peu de chance quelqu’un aurait pitié d’elle et lui donnerait à manger? Parce qu’en plus d’être perdue, son estomac lui donnait des crampes tellement elle avait faim.

Dans l’état où elle était, elle espérait juste trouver un abri, n’importe lequel où elle se sentirait en sécurité. Trempée jusqu’aux os, ses cheveux long noirs collés dans son dos, son maquillage probablement dégoulinant sur ses joues dû au vent glacé et ses larmes de frustration, ses vêtements dans un état lamentable. Mais où avait-elle la tête ce matin en enfilant ces pantalons moulants et ce petit pull de laine couvrant à peine son ventre? Son seul vrai vêtement de saison était ce parka d’hiver mais plus le temps passait et plus elle se disait que ce parka devait être fait pour les régions plus chaudes, certainement pas pour le nord du Canada!

Elle soupira. Comment aurait-elle pu savoir qu’il lui fallait enfiler des vêtements plus pratiques et plus chauds? Elle se mit à repenser au pourquoi de sa fuite. Oh, elle avait bien essayé de se convaincre que ces rencontres étaient dues au hasard. Mais elle savait que son instinct lui avait donné raison. Quand tout à coup un nombre incalculable de top model masculin se mirent en travers de sa route en moins d’un mois, que ce soit à l’épicerie ou dans la rue, il y avait de quoi se demander ce qui se passait. Rien n’avait changé dans sa vie. Elle était toujours la même Angélique, ni plus moche ni plus jolie qu’une autre, ni plus riche ni plus pauvre. Franchement, au début cela lui avait remonté le moral de voir un beau mec s’intéresser à elle. Ce n’était pas tous les jours que cela arrivait. Quand il avait ramassé ses sacs de commission sans dire un mot, elle lui avait dit merci avec un grand sourire et elle avait même attendu pour voir si le derrière était aussi beau que le devant… cela l’était, sans aucun doute! Mais quand tout à coup, il se mit à pleuvoir des beaux mecs à tous les coins de rues, alors là elle se demanda si elle était tout à coup dans la quatrième dimension! Le pire c’est que tous ces gars n’avaient même pas essayé de lui parler et en y pensant bien aucun ne lui avait souri non plus. Bizarre, vraiment franchement bizarre.

Ce matin, en regardant par la fenêtre de sa cuisine, elle avait vu quatre des gars qu’elle avait croisé. Ils fixaient sa fenêtre. Ils étaient là, toujours aussi beaux mais leur immobilité à fixer dans sa direction l’avait complètement déstabilisée et fait paniquer. Elle avait pris son sac, ses clés et sortie par l’escalier de secours, trouvé in extremis un taxi et demandé à aller à une location de voiture qu’elle connaissait. Elle n’avait pas réfléchie mais agit en mode panique. Toutes ses tripes lui criaient de fuir le plus vite possible. Par contre, aucune idée où aller. Elle avait foncé droit devant en regardant son rétroviseur aux deux secondes jusqu’à son cœur et son esprit se calme un peu. Jusqu’à ce que cette maudite route la fasse glisser dans le fossé sans espoir de sortir la voiture de la et repartir.

Elle n’avait pas été blessée heureusement. Son cœur était remonté jusqu’à sa gorge, elle avait transpiré et pleuré de peur et de soulagement mais après un certain temps le bon sens et son calme était revenu. Le froid dans la voiture avait été aussi une très bonne motivation pour bouger ses fesses. Il lui fallait trouver un abri, un endroit où elle pourrait se reposer, dormir, manger et réfléchir à son avenir.

Déprimée, elle se remit à fredonner à nouveau, avec beaucoup moins d’enthousiasme, plus pour s’encourager qu’autre chose. Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas la branche cassée devant elle et fit un énorme vol plané. Elle atterrit les bras en croix et le visage dans une flaque d’eau boueuse.

Bon! Là c’était vraiment le bouquet! Elle se releva sur mes mains, puis mes genoux, écarta plusieurs mèches de cheveux mouillées et sales, soupira et pris d’une envie subite elle se mit à crier sa rage, réveillant probablement tous les animaux à mille lieues à la ronde, y compris les fourmis!

Elle en avait marre, mais alors vraiment marre de ce cauchemar! Elle reprit sa route qui n’en était même pas une tout en s’essuyant le visage. Sa cabane au fonds des bois… Mouais! Maintenant cela prenait tout son sens! Sa cabane au bout du monde, oui!

Elle leva la tête, cligna des yeux et cru voir une faible lumière au bout de son chemin. Elle reprit courage et courra presque, en boitant lamentablement. Un refuge. Une place pour se réchauffer. La civilisation retrouvée. Enfin!

****

Gabriel était perplexe. Mais que fichait cette fille sur son territoire alors que les seules cabanes disponibles pour les touristes se trouvaient à au moins 20km de là. L’odeur. Son odeur, qui arrivait par effluve jusqu’à lui et lui donnait envie de lui sauter dessus, de la mettre sur son épaule et l’emmener dans sa tanière, loin de la meute. Cette odeur, délicieuse, fruitée, un mélange de miel et de lavande. Une envie de lécher et se gaver jusqu’à être complètement soul et en demander encore et encore.

Gabriel tourna les yeux vers sa meute. Sa meute, parce qu’il était l’alpha, le meneur, le chef. Parfois les responsabilités que cela causaient le faisait soupirer, lui donnaient l’envie de fiche le camp sous sa forme de loup, celle qu’il préférait. Sa capacité à pouvoir se métamorphoser en n’importe quel animal ne lui avait laissé aucun choix. De gré ou de force, il était le chef de meute ou plus particulièrement de plusieurs meutes. Comment diriger tant de personnalités différentes tout en maintenant l’ordre et la discipline. Mais comment donc faisaient ses pères pour tenir leur meute heureuse et disciplinée? Il se sentait bien seul parfois, même si heureusement ses frères de sang étaient là. Ses frères étaient plus limités et ne pouvaient se métamorphoser qu’en quelques animaux.

Gabriel soupira. Marc lui jeta un regard en biais. A travers leur lien télépathique, Marc demanda :

Quoi! Tu ne sens pas que c’est Elle?

Gabriel se mis à grogner.

Non mais, l’as-tu vu? Elle ne sait même pas marcher sur ses deux pieds! Et elle a peur de son ombre. Penses-tu vraiment qu’elle va non seulement accepter l’existence de garous mais encore s’engager à vie avec quatre?

Comment peux-tu le savoir! réplica Marc.

Rabat joie! Elle sent si bon! enchaîna Emmanuel.

– Elle est si humaine! soupira Gabriel

Elle est celle que nous avons attendue depuis tant d’années! poursuivit Marc.

Stop laissez-moi réfléchir! gronda Gabriel

Les deux autres se turent immédiatement. Gabriel ne se sentit pas fier d’user de son autorité mais il n’était pas d’humeur à écouter les louanges d’une humaine qui allait amener beaucoup trop de problèmes à son goût. Une humaine qui allait bouleverser sa vie. Cela il en était convaincu.

****

Marc tourna les yeux vers Elle. Son cœur se serra. Cela faisait si longtemps qu’il attendait. Si longtemps qu’il espérait sa venue qu’il avait presque fait une croix sur ses espoirs de La trouver et de pouvoir enfin être complet parmi ses frères.

Oh il ne manquait pas de compagnes s’il le voulait. Il suffisait de se montrer au bar de n’importe quelle ville et en moins de cinq minutes il avait une fille qui lui sautait dessus. Il en était de même avec ses frères. Les quatre se ressemblaient physiquement, plus de deux mètres, musclés, peau tannée et cheveux allant du brun foncé au noir profond, il n’y avait que la longueur de leurs cheveux et la couleur de leurs yeux qui faisait vraiment la différence.

Stéphane ou Steph, le plus jeune à 25 ans, avait les yeux bleus clairs et les cheveux brun foncé très courts en brosse. Juste de retour depuis quelques mois des forces spéciales, sa coupe de cheveux, sa musculature et surtout ses yeux toujours en mouvement, presque toujours hantés, à la recherche du danger autour de lui, était un des signes de son séjour dans l’armée. Comment et surtout pourquoi avait-il quitté était encore un mystère qu’il n’avait pas encore partagé avec ses frères. Lui si rieur et enthousiaste n’était plus que l’ombre de l’homme qui était parti. Cinq années l’avaient rendu sombre et presque muet. Cette nuit, comme beaucoup d’autres nuits, Steph avait décidé de partir tout seul plus au nord. Steph arrivait de plus en plus difficilement à vivre en humain.

 Venait ensuite Emmanuel ou Em, 26 ans, avait lui les yeux gris et ses cheveux bouclés bruns descendant sur ses épaules. Le tombeur de ses dames. Voilà le surnom qu’on lui donnait dans la région. Le sexe étant son obsession, tout ce qui avait une paire de seins lui convenait. Peu importait si la fille était brune, blonde ou rousse, petite ou grande, avec des courbes ou très mince et ses origines ethniques importaient peu. Parfois une ou deux dans son lit, tout lui convenait, ne s’engageant jamais, ne couchant pas plus de deux fois avec la même. Il n’avait pas toujours été comme cela. Une fille lui avait brisé le cœur et il avait juré que désormais il ne se donnerait que physiquement, que seul le sexe était suffisant. Il ne voulait plus rien prendre sérieusement et avait opté pour un humour dans toutes les situations, mêmes si celles-ci n’avait rien de marrantes.

Gabriel avait les cheveux mi-longs noirs. Il les attachait parfois en queue de cheval ou les laissait flotter dans son dos. Ses yeux couleur vert clairs étaient perçants. Il était né alpha, avait été éduqué pour être le chef de la meute, n’avait jamais pris le temps de s’amuser ou juste de se laisser aller comme les jeunes de son âge. Ses pères l’avaient formé et bien formé. A 28 ans, il portait sur ses épaules la responsabilité non seulement de ses frères mais de toutes les meutes locales. Ce qui impliquait conflits quasi permanents. Steph, Em et Marc étaient des bétas mais ayant toutes les qualités des alphas : autoritaires, forts physiquement et ayant quelques avantages psychiques que les autres bétas n’avaient pas. Gabriel avait toujours ce côté trop sérieux et sombre qui l’entourait d’une aura que tous savaient qu’il était dangereux de ne pas se frotter de trop près. Les tatouages de chef de meute qu’on lui avait fait sur les bras et le dos quand il avait pris le pouvoir, le rendaient franchement intimidant.

Et puis Marc, le jumeau de Gabriel mais trois minutes plus jeune que Gabriel. Lui avait les yeux violets comme la fameuse actrice Elizabeth Taylor et les cheveux noirs toujours en bataille, lui tombant dans les yeux. Trois minutes qui avaient changé la destinée de deux vies. Marc avait toujours su qu’il était différent de ses frères, plus doux, plus patient, moins exigeant. A la puberté, ses dons pour soigner étaient apparues et ses aptitudes avaient été encouragées et développées. Son caractère plus conciliant le mettait toujours au centre des querelles entre ses frères et la plupart du temps il arrivait à les raisonner. Mais parfois aussi, ces querelles se terminaient en une bataille sous forme de loup, jusqu’à un des deux soit blessé ou soit trop épuisé ou si Gabriel était l’un des querelleur, l’autre roulait sur le dos, montrant son cou en guise de soumission à son alpha.

C’était parfois épuisant de toujours jouer les arbitres.  Ce que Marc voulait maintenant c’était une compagne. Pas n’importe quelle compagne. Pas de ces filles faciles rencontrées dans les bars. Non! Il voulait fonder une vraie famille, avoir des enfants, se coucher et se lever le matin auprès d’une femme pour les cent prochaines années et plus si possible. Comment décider ses frères que la femme qu’ils épiaient tous était l’élue. Celle qui partagerait leur cœur, leur esprit et leur corps. Celle qui apporterait satisfaction comme nulle autre. Celle qui apaiserait leurs souffrances. Il le sentait au fond de ses tripes. Cette femme était celle qui allait apaiser et compléter tous leurs besoins non seulement physiques mais surtout émotionnels. Il espérait juste qu’elle soit bien à la hauteur de ses espérances et pas une petite peste prétentieuse comme il en rencontrait dans les bars.

Marc soupira. Parfois il regrettait de ne pas être né ours-garou. Au moins il n’y avait pas de frères au sale caractère ni même de compagne à partager. Mais non, Marc aimait ses frères, qualités et défauts inclus. Ils étaient son sang, son présent et son futur. Marc commença à penser et planifier une stratégie. Avant tout, capturer leur compagne, la séduire et enfin la convaincre de rester avec eux. Ouais, tout un challenge…

Bon! Se dit Gabriel J’ai pris une décision temporaire. Elle se dirige vers le refuge. Il ne nous reste quelques minutes pour arriver avant elle. Nous jouons les bons samaritains, nous la gardons la nuit et après on avisera.

****

Plus que quelques mètres j’en suis certaine, se dit Angélique.

Elle vit tout à coup une ombre sur sa droite, puis plusieurs bruits la firent tourner la tête à gauche. La panique la prit et elle se mit à courir aussi vite que possible. Tout à coup la porte fut devant elle. Elle tambourina plusieurs coups, son cœur battant la chamade. Elle jeta des coups d’œil derrière elle.

Allez quelqu’un. S’il vous plait. Que quelqu’un ouvre cette porte!

Elle tourna la poignée et en même temps que la porte s’ouvrir un géant apparut devant elle. Elle recula d’un pas en arrière pour rencontrer un mur. Elle tourna la tête et trouva un autre géant.

Mais où ais-je donc atterri? Au pays des géants et je n’ai pas vu la pancarte avant de tourner sur l’autoroute?

Le géant numéro un devant elle lui dit :

– Désolés, nous n’achetons rien!

– Euh…

Bon. Non seulement elle était au pays des géants mais des géants dérangés. Franchement cette nuit n’en finirait jamais.

– Ah ah! Em, tu es vraiment drôle. Tu ne vois pas que tu es en train de faire peur à la dame? dit le géant derrière elle.

– Marc, tu n’as vraiment aucun sens de l’humour!

– Que pouvons-nous faire pour vous madame?

– Euh…

Décidément, elle n’était bonne à rien. Elle qui se vantait de faire face à toutes les situations et ne connaissant pas la timidité, là elle avait l’impression que ses petites cellules grises avaient elles aussi pris l’eau et qu’elles nageaient difficilement à la surface de son cerveau.

– Je me suis perdue… euh… je veux dire que j’ai eu un accident et que je me suis perdue ensuite. Avez-vous un téléphone?

– Non, répondit Em

– Un cellulaire?

– Non, continua Em avec un sourire en coin.

– Internet?

– Non, répliqua Em se retenant de rire.

– Satellite?

– Non, dit Em en déguisant son rire par une grimace.

– Ok… mmm… puis-je utiliser votre cheminée et la fumée qui s’en dégage et envoyer un signal?

Em éclata de rire. Angélique ne pu s’empêcher de sourire un peu. Bon elle aussi elle pouvait être sarcastique.

Le géant numéro deux qui répondait au nom de Marc, lui toucha l’épaule et lui dit :

– Entrez! Vous êtes trempée. Venez nous expliquer votre situation.

Angélique entra et elle crut entendre deux reniflements derrière elle. Elle se retourna. Les deux géants la fixaient comme si elle était un gâteau au chocolat et qu’ils n’avaient pas mangé depuis des lustres.

– Euh… vous êtes surs que je ne dérange pas?

Question complètement idiote mais il fallait bien dire quelque chose, n’importe quoi pour rompre le silence pesant et ces regards insistants.

– Qui êtes-vous?

Angélique se retourna d’un bloc et vit un autre géant sortant ce qui visiblement était la cuisine. Bon. Il y en avait encore combien qui allait apparaitre. Cela devenait franchement étouffant. Angélique allait avoir une overdose de testostérones si cela continuait. Ses épaules commencèrent à tomber, puis avec un sursaut d’orgueil elle leva son menton et redressa ses épaules.

– Je me suis perdue et cette cabane était la seule dans les environs que j’ai aperçue.

Un silence tomba dans la pièce. Angélique évita les regards de ces géants intimidants et regarda autour d’elle. Elle découvrit une pièce simple mais de bon goût. Une belle cheminée avec un feu allumé, un large sofa, une grande table pouvant contenir au moins huit  personnes, les murs étaient en bois clair, ce qui donnait un air très chaleureux à l’ensemble. Angélique commença a danser d’un pied à l’autre, frissonnant dans ses vêtement mouillés se demandant si finalement elle n’aurait pas dû rebrousser chemin.

– Entrez, dit finalement le géant numéro trois. Mon nom est Gabriel McKenzie. Vous avez déjà rencontré mes frères Emmanuel et Marc. Bienvenue dans notre antre.

– Merci. Je m’appelle Angélique Brindamour.

Gabriel, Em et Marc se rapprochèrent d’elle et commencèrent à humer l’air autour d’elle. Cela devenait franchement gênant.

Bon. Vraiment. Je sais que je suis tombée dans la boue mais j’ai quand même pris ma douche ce matin.

– Puis-je utiliser votre salle de bain? Demanda t-elle

– Bien sûr. Suivez-moi. dit Gabriel. Si vous voulez prendre une douche, cela vous réchauffera. Il y a des serviettes dans l’armoire. Servez-vous.

Gabriel se retourna et ouvrit une porte donnant sur un couloir comportant cinq portes. Gabriel s’arrêta au milieu, ouvrit la porte et la laissa passer devant lui. Angélique dû le frôler pour entrer et elle sentit une odeur de terre mouillée. Cette bonne odeur qu’on retrouve le matin au lever, lorsque l’herbe a encore sur elle la rosée et que les premiers raillons de soleil viennent la sécher. Angélique ne pu s’empêcher de fermer un instant les yeux. Puis sans le regarder, elle entra et ferma la porte derrière elle tout en s’appuyant dessus. Elle poussa un gros soupir mais elle ne savait pas si c’était de soulagement ou bien de regret qu’il ne l’ait pas collé au mur pour l’embrasser. Un désir subit venait de passer et Angélique se retrouvait les jambes flageolantes, le cœur qui battait la chamade et son clitoris qui jouait des claquettes. Elle sentit une humidité au fond de sa petite culotte.

Finalement, elle entra dans la pièce, se regarda dans la glace, constata son état lamentable et ouvrit le robinet. Elle mit en coupe ses mains, les remplit d’eau et s’aspergea le visage plusieurs fois de suite. Puis elle se déshabilla et fit couler la douche. Soupirant de bien-être, elle resta les yeux fermés sous l’eau chaude avant de commencer à se laver méticuleusement de la tête aux pieds.

****

Gabriel leva la tête et ferma les yeux tout en respirant cette odeur délicieuse d’une femme excitée. Il n’avait désormais plus aucun doute. Angélique était vraiment l’élue. L’âme sœur que ses frères et lui avaient attendu depuis plus de vingt ans. Gabriel poussa un petit grognement de dérision. Vingt ans pendant lesquels ses frères étaient partis aux quatre coins du monde, avaient appris toutes sortes de métiers, à toutes sortes d’endroits dans le monde. Jeunes fous qui voulaient tout avoir, tout de suite. Lui, était resté derrière pendant quelques années, chaque jour accumulant de plus en plus de responsabilités sur ses épaules. Chaque jour le rendant un peu plus renfermé et méfiant. Chaque jour plus seul. Quand ses frères étaient finalement revenus bredouilles, Gabriel n’avait rien dit. Ils avaient pris leurs places au sein de la meute, laissant le destin décider.

Finalement il se remit en marche vers la pièce principale, se demandant comment concilier son envie de lui sauter dessus et la faire sienne immédiatement en la marquant sienne et son envie de prendre ses distances et la renvoyer loin le plus vite possible. Il savait que ses frères n’accepteraient pas son départ. Il savait aussi qu’il n’accepterait pas non plus qu’elle parte. Humaine! Une humaine fragile qui ne connaissait rien à la vie d’une meute. Une humaine qu’il faudrait protéger à tout instant, non seulement parce sa position de grand chef de meute la rendrait vulnérable vis-à-vis des jaloux qui tenteraient de la kidnapper, de la tuer ou lui faire du chantage pour qu’il quitte la région. Tant d’années à vouloir instaurer la paix. Une paix si fragile et si difficile à obtenir. Non, ce n’était pas le moment d’être distrait. Il allait demander à ses frères de s’en occuper. Il devait partir avant que les chaleurs le rendent impuissant. Trop de vies étaient en jeu.

****

Em ne tenait pas en place. Assis. Debout. Marchant de long en large devant la cheminée. Mille questions se posaient dans son esprit. Il n’avait jamais eu cette réaction devant une femme, même avec… Stop. Il ne prendrait pas ce chemin encore une fois vers le passé. Em se passa les mains sur son visage, puis dans ses cheveux.

– Arrête! Tu me rends nerveux, dit Marc sèchement.

– Tu penses que c’est vraiment elle?

– Pourquoi? Tu ne fais plus confiance à ton flair?

– Ce n’est pas cela.

– C’est quoi alors?

– C’est juste que…

– Ah! Tu vas devoir renoncer à tout ton harem et cela ne te plait pas?

Em gronda.

– Merde! Tu sais très bien que ce n’est pas cela! J’en ai rien à foutre de ces femelles en chaleur.

– Ah! Je comprends.

– Tu comprends quoi?

– Que tu as peur qu’elle apprenne que tu sautes tout ce qui porte une jupe sans distinction.

– Et merde!

– Mouais. Tu peux le dire!

Gabriel entra dans la pièce. Em et Marc tournèrent leurs têtes vers lui.

– Alors? Dit Marc

– Alors quoi? Répondit Gabriel

Marc soupira.

– On fait quoi maintenant qu’elle est là?

– Pas on, vous! Vous faites en sorte de la garder ici et vous la gardez saine et sauve.

– Et toi?

– Moi, je vais voir Pa et Pop et leur expliquer la situation.

– Tu reviens quand? Questionna Em

– Probablement demain soir, répondit Gabriel.

Gabriel se dirigea vers l’entrée, enfila son parka et ses bottes, se retourna et dit :

– Je vais cacher mes vêtements derrière le gros chêne. Faites attention et restez planqué ici, vous m’entendez?

Gabriel avait pris le ton de voix de commande. Gabriel ouvrit et referma la porte derrière lui. Il partit au petit trop, cacha les vêtements, fit appel à la magie et en quelques instants la transformation se fit. Il était loup. Il tourna la tête vers la cabane, vit l’ombre d’Angélique se profiler derrière la fenêtre. I resta de longues minutes à observer cette beauté. Puis il se détourna et d’un bond se mit à courir vers le sanctuaire, là où ses parents et toute la meute vivaient.

Marc se dirigea vers la cuisine pour préparer du café et des sandwiches. Em prit quelques buches et alimenta le feu.

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Cliquer ici pour lire le chapitre 2

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